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Post-infarctus : le traitement de la dépression ne diminue ni la mortalité ni la morbidité

Posté le Mardi 12 Août 2003 par Dr John Sorri
Post-Infarctus : Le Traitement De La Dépression Ne Diminue Ni La Mortalité Ni La Morbidité - 5.1 Ko

Dans les suites de l'infarctus du myocarde (IDM), la dépression et la perception d'un faible soutien social (PFSS) sont associés à une augmentation de la mortalité et de la morbidité. Le traitement de ces perturbations psychologiques permet-il de diminuer les complications précédentes ? C'est à cette question que répond un essai randomisé, dit ENRICHD (Enhancing Recovery in Coronary Heart Disease Patients, dans lequel ont été inclus 2481 malades en post-infarctus (dont 1084 femmes), ceci entre octobre 1996 et janvier 2001. Dans tous les cas, il existait une dépression majeure ou mineure diagnostiquée selon les critères du DSM-IV. La sévérité de celle-ci a été évaluée selon l'échelle de Hamilton à 17 items ou celle de Beck. La PFSS, pour sa part, a été estimée avec des outils spécifiques élaborés dans le cadre de l'étude ENRICHD. Après tirage au sort, les patients ont été affectés à deux groupes : traitements habituels (1) ou thérapie comportementale et cognitive débutée 17 jours (valeur médiane) après l'IDM (2), associée ou non aux inhibiteurs de la recapture de la sérotonine, selon la sévérité de la dépression.

Dans le groupe 2, à 6 mois, les fonctions psychosociales s'améliorent plus que dans le groupe 1, la diminution du score sur l'échelle de Hamilton étant de 10,1(+/-7,8) (versus –8,4+/-7,7 dans le groupe 1 ; p<0,001). Il en va de même pour le score corrélé à la PFSS : en moyenne, celui-ci diminue de 5,1+/-5,9 dans le groupe 1 (vs 3,4+/-6,0 dans le groupe 2 ; p<0,001). En revanche, au terme d'un suivi moyen de 29 mois, les taux de survie sans événement clinique sont les mêmes dans les 2 groupes (75,9 vs 75, 8 %). Il en est de même pour les trois groupes psychosociaux à risque individualisés au sein de la cohorte (dépression, PFSS, dépression + PFSS).

Les interventions neuropsychologiques, de type thérapie comportementale et cognitive, associées ou non aux antidépresseurs sérotoninergiques améliorent indéniablement la dépression et le sentiment d'isolement social éprouvés dans les suites d'un IDM. Malgré cet effet positif, la survie sans événement clinique ne s'en trouve pas affectée.

Writing Committee for the ENRICHD Investigators. Effects of treating depression and low perceived social support on clinical events after myocardial infarction. The Enhancing Recovery In Coronary Heart Disease Patients (ENRICHD) randomised trial. JAMA 2003; 289: 3106-3116. © Copyright 2003 http://www.jim.fr

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