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Paris, le mardi 24 août 2004 – L'imagerie permet aujourd'hui de percer les mystères d'un nombre croissant de pathologies. La réalisation de plusieurs études auprès de patients souffrant de maladie d'Alzheimer l'a particulièrement bien démontré cette année. En recherche fondamentale, le recours à la résonance magnétique a également permis récemment de nombreuses découvertes. Etudiant les conséquences d'une amputation sur l'activité cérébrale, Pascal Giraux du département de réhabilitation de la faculté de médecine de Saint-étienne et Angela Sirigu de l'Institut des sciences cognitives de Lyon ont ainsi pu mettre au point une technique de simulation visuelle, qui atténue significativement les douleurs fantômes. De même en janvier 2000, des chercheurs du Laboratoire de neurocognition vocale de l'université de Montréal, mettaient en évidence, grâce à des mesures de l'activité cérébrale par IRM fonctionnelle, que «la perception vocale implique des régions corticales spécifiques situées chez la plupart des individus le long du sillon temporal supérieur (STS), possibles homologues des «aires du visage » du cortex visuel ».
De précédentes études ont révélé que l'activation des aires corticales spécialisées dans le traitement des visages connaissait des anomalies chez les patients autistes. La découverte d'aires de la voix, comparables aux «aires du visage », a incité les chercheurs canadiens en collaboration avec une équipe mixte Inserm-CEA, «Imagerie Cérébrale en Psychiatrie », à se pencher sur l'activation, chez les autistes, de cette aire spécifique de la perception de la voix. Des études comportementales avaient déjà suggéré que les patients atteints d'autisme ne faisaient guère de différence entre la voix humaine et les autres stimuli sonores. L'imagerie cérébrale a confirmé ces intuitions. L'activité cérébrale de treize personnes (dont cinq patients autistes et huit volontaires sains) a été étudiée tandis qu'ils entendaient en alternance différents sons, qu'ils soient d'origine humaine (parole, cri, rire, pleur, chant) ou non (animaux, cloches, instruments de musique, voitures etc.). Résultat : chez les autistes, on observe «une absence d'activation de l'aire spécifique de la perception de la voix. Chez ces sujets, les aires cérébrales activées sont exactement les mêmes, qu'il s'agisse de la voix humaine ou de sons non vocaux. Aucune activation cérébrale spécifique d'une reconnaissance de la voix humaine n'a pu être mise en évidence », précise le communiqué conjoint de l'Inserm et du CEA.
Ces résultats étayent l'hypothèse selon laquelle «les difficultés des autistes à comprendre l'état émotionnel d'autrui et à interagir avec lui pourraient être liées à un déficit de la perception des stimuli sociaux ». En effet, la voix n'est pas un simple instrument permettant la parole, elle constitue un véritable « ‘visage auditif' riche en information sur l'identité et l'état émotionnel de la personne qui parle (...). Les capacités de «cognition vocale » jouent un rôle fondamental dans nos interactions sociales », comme le précise le Laboratoire de neurocognition vocale.
Cette étude ouvre de nouvelles perspectives en terme de rééducation des jeunes autistes. Le docteur Monica Zilbovicius responsable de l'équipe française signale en effet qu'à la lueur de ces conclusions «on peut imaginer de mettre au point des méthodes de rééducation plus ciblées pour aider les autistes à mieux percevoir les sons de la voix ».
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