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Difficultés sexuelles

Ejaculation précoce

Posté le Lundi 20 Octobre 2003 par mireille bonierbale

Il s'agit d'un trouble très REPANDU chez les hommes. On le retrouve chez près de 40 % des hommes consultant en sexologie. Il s'agit le plus souvent d'hommes qui ont toujours été rapides, il s'agit rarement de l'apparition d'un trouble secondaire ; dans ce cas cela se voit après une situation de déstabilisation ( relation extra conjugale, accouchement de la femme mal vécu, stress, prostatite , etc)

On parle d'éjaculation précoce lorsqu' elle se produit en moins de 20 mouvements de va et vient à partir de la
Pénétration, ce qui est une mesure arbitraire comme l'est aussi celle qui consiste à déterminer qu'il y a éjaculation prématurée quand elle se produit avant que la partenaire n'ait atteint un état d'excitation suffisant..

Beaucoup d'hommes et surtout leur partenaire, pensent qu'il s'agit d'une affection organique pouvant se traiter par des médicaments . En réalité il s'agit d'un problème beaucoup plus multifactoriel : une forme d'hypersensibilité excitatoire « constitutionnelle », sur un apprentissage relationnel insuffisant où la place du plaisir de l'Autre est mal évaluée. Souvent il s'agit de garçons ayant fait des expériences précoces dans des situations où, du fait d'un manque de maturité ou bien de circonstances extérieures non favorisantes ( stress environnemental) ils n'ont pas intériorisé un apprentissage de l'érotisme à deux.

TRAITEMENTS :
Certains médicament, qui à l'origine étaient destinés à d'autres affections ( antidépresseurs sérotoninergiques, et alpha bloqueurs) ont montré une certaine efficacité à ralentir le réflexe de l'éjaculation, mais pas tous les hommes y sont sensibles et ils ne sont pas dénués d'effets gênants (somnolence, maux de tête, nausées) .
Il n'est pas souhaitable de ne s'appuyer que sur ce type d'approche élémentaire, et faire l'amour avec des comprimés... Cependant ils peuvent être d'une aide précieuse, des béquilles en somme, permettant de commencer avec moins de stress un traitement dont le but est une certaine « rééducation du réflexe éjaculatoire »
On peut ainsi s'appuyer sur une méthode de rééducation qui consiste à apprendre à mieux rendre consciente la commande de certains muscles périnéaux qui interviennent dans le contrôle de l'éjaculation et de la possibilité d'uriner et se retenir , ces méthodes sont utilisés par les kinésithérapeutes ou médecins rééducateurs en urogynécologie formés a la sexologie.

Dans les années 70 des méthodes de rééducation sensorielle du couple, venues des Etats-Unis avec les célèbres sexologues MASTERS et JOHNSON, ont révolutionné l'approche des difficultés sexuelle et sont toujours utiles et donnent d'excellents résultats lorsqu'elles sont utilisées par des sexologues expérimentés. La plus connue est la technique du « squeeze » qui consiste dans un programme d'entraînement à la communication sensuelle a demander à la partenaire, l'homme étant passif, d'appuyer fortement sur le frein à la base du gland au moment où l'homme, à qui on demande d'être passif et attentif a ses sensations, sent venir l'éjaculation.
Ces méthodes ont souvent été mal comprises et, privées de tout le contexte de consignes comportementales progressives (une quinzaine) qui les fait être une véritable reprogrammation, elles n'ont pas eu les résultats escomptés et ont été à tort critiquées.

Chez les hommes émotifs et stressés les méthodes de relaxation et de sophrologie sont indiquées pour lui apprendre a être à l'écoute de ses sensations, ce qu'il ne sait pas faire, laissant s'échapper son éjaculation .
On retrouve souvent associés à l'éjaculation précoce :
- à coté de la difficulté à contrôler L'EXCITATION sexuelle et la sensation de plaisir qui lui est associée en la faisant durer comme pour la sensation gustative dans la gourmandise .

- une peur de l'échec qui renvoie souvent à un manque d'affirmation de soi sous jacent.

Le rôle de la partenaire est important dans le maintien de ce trouble quand elle réagit de manière agressive et
frustrée car cela augmente la peur de l'échec et le cercle vicieux de l'anxiété .

Ce problème déçoit la partenaire dans ses attentes quand elle a eu d'autres expériences plus satisfaisantes, et en le faisant noter par l'homme qui en était souvent souvent peu conscient, (lui même ayant une excitation, il n'imagine pas que sa partenaire n'ai pas une réaction analogue jusqu'à ce qu'elle le dise) elle déclenche chez lui une réaction anxiodépressive accompagnée d'images de soi dévalorisantes.

En effet il s'agit d'une "maladie adaptative mais aussi liée à la culture des la sexualité ambiante" car naturellement l'homme est déterminé par sa "nature animale" ,à éjaculer en 10 a 20 secondes . et l'éducation , le développement psycho affectif interviennent dans l'apprentissage de la capacité d'appréciation des valeurs de plaisir et da communication.
C'est la notion de COMMUNICATION installée dans le couple qui a mis ce problème en relief ainsi que l'évolution des rôles et des attentes sexuelles. Au XIXème siècle un homme qui éjaculait vite était un homme de qualité qui ne prenait pas sa compagne pour une fille de « joies »…. La révolution sexuelle et de la sexualité de la femme a inversé les valeurs et on voit de plus en plus d'hommes qui sont « désignés » comme insuffisants par leur compagnes…

Ainsi il faut être aussi attentif au moment où un homme ou un couple décident de s'intéresser à cet aspect de leur sexualité qu'il négligent où ne perçoivent pas pendant des années et c'est souvent quand la relation se détériore que l'éjaculation est chargée de tous les maux…
Il faut aussi, s'agissant de « temps à deux » faire repérer au couple qu'ils ne prennent peut être aussi pas suffisamment de temps de plaisir a deux dans leur couple et qu'il n'y a guère de chance qu'ils y soient pus prêts dans la sexualité.

De toute façon, la motivation personnelle à changer pour soi avant de changer pour l'autre est fondamentale pour l'évolution de l'éjaculateur précoce car il n'est guère possible d'intégrer un apprentissage sans souffrance et sans effort de sa part . Il est illusoire de penser que consulter un sexologue pour faire plaisir à sa partenaire va suffire à tout faire changer .
Par contre les partenaires féminines qui ne veulent pas s'impliquer dans la prise en charge, en disant à leur compagnon qu'elles, elles n'ont pas de problème et pas besoin de consulter, passent à coté de la participation de la rencontre à deux que représente la sexualité. Ainsi, elles font perdre beaucoup de chance d'évolution à leur couple.

MB

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