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La grippe A H1N1 a désormais franchi le seuil épidémique en France. Pour les séropositifs, cela pose plusieurs questions : y a-t-il des précautions particulières à prendre et comment être protégé ? Selon un communiqué des experts du rapport Yeni*, le VIH est en effet considéré comme un critère de vulnérabilité pour la grippe A, auxquels s'ajoutent d'autres critères : absence de traitement antirétroviral, CD4 < 500/mm3, comorbidité (tabac, précarité...), âge < 5 ans... Alors que faut-il faire et ne pas faire ? Quel médecin ? Le plan national de lutte contre la pandémie grippale repose sur le recours au médecin traitant. Pour beaucoup de séropositifs, le médecin traitant de fait est souvent le spécialiste hospitalier, bien qu'ils aient désigné un médecin traitant en ville dans le cadre du parcours de soins coordonné. Or le médecin à voir ne sera pas forcément celui qu'on a le plus l'habitude de voir, mais celui qu'on peut voir le plus facilement. Ne pas oublier que les traitements de la grippe, ou de l'exposition, n'ont d'intérêt que s'ils sont pris très précocement. Vaccination anti-pneumococcique ? La vaccination anti-pneumococcique est recommandée depuis plusieurs années. L'arrivée de la pandémie a donné lieu à un rattrapage pour beaucoup de séropositifs, mais aussi probablement à des prescriptions hors cadre en France. Si bien que le PNEUMO 23 est à peu près partout en rupture de stock, et que cette situation risque de durer quelques semaines. Le PNEUMO 23 est pris en charge à 100 % par l'assurance maladie dans le cadre de l'ALD 7, à condition de faire l'objet d'une prescription médicale sur une ordonnance bizone (partie supérieure de l'ordonnance). Un autre vaccin anti-pneumococcique, le PREVENAR, n'est indiqué que chez les enfants de moins de 5 ans. Il n'a pas fait la preuve de son efficacité chez l'adulte. Il semble cependant qu'il ait été prescrit devant la difficulté à se procurer le PNEUMO 23, ce qui inquiète à la fois le ministère de la Santé et le laboratoire qui le produit. Et la grippe saisonnière ? Conformément au calendrier vaccinal et au rapport d'experts Yeni, la vaccination contre la grippe saisonnière est recommandée chez les séropositifs. Le vaccin est disponible depuis le 25 septembre 2009, et peut donc être proposé. La vaccination antigrippale est prise en charge à 100 % par l'assurance maladie dans le cadre de l'ALD 7 (celle qui inclut l'infection par le VIH). Contrairement à ce qui se passe dans d'autres ALD, les personnes ne reçoivent pas de bon à domicile leur permettant de retirer gratuitement le vaccin en pharmacie. Pour bénéficier des 100 % (autrement le vaccin est payant), il faut qu'il soit prescrit par le médecin sur l'ordonnancier bizone, dans la partie supérieure de l'ordonnance réservée aux produits en lien avec l'ALD. Qu'en est-il de la grippe A ? La France a acheté 94 millions de doses de vaccin anti-H1N1, sachant qu'il faudra faire, a priori, 2 injections pour obtenir une efficacité. Cependant, certains résultats d'essais sont en faveur d'une réponse avec une seule dose pour certains produits. A suivre donc. Le vaccin ne sera pas distribué en officine ni administré dans le réseau habituel, pour plusieurs raisons :
Comment bénéficier de la vaccination ? 1) Envoi d'un bon aux assurés sociaux, 2) Et administration dans des centres de vaccination répartis sur le territoire en échange du bon. Les bons seront envoyés aux assurés sociaux, sur la base du fichier de l'assurance maladie. Le problème va se poser pour les populations prioritaires, notamment les séropositifs. En effet, certaines populations prioritaires sont identifiables (les femmes enceintes, par exemple, du fait qu'il y a une déclaration de grossesse qui ouvre des droits particuliers), et tous ceux pour lesquels l'assurance maladie génère un bon pour la vaccination antigrippale saisonnière. Les personnes vivant avec le VIH ne sont pas dans ce cas. Il n'existe, heureusement, pas de fichier des séropositifs à l'assurance maladie, et donc celle-ci ne sera pas capable d'envoyer des bons autrement que dans le système de droit commun appliqué à l'ensemble de la population. Comment en bénéficier en priorité, puisque les séropositifs sont prioritaires dans l'accès à la vaccination ? Il va falloir se tenir au courant... Savoir quand le vaccin sera disponible, et où aller pour avoir un bon. On ne sait pas qui va émettre les bons pour les personnes prioritaires qui ne sont pas identifiables par l'assurance maladie. L'hôpital ? Rien de certain pour l'instant. En revanche, ce qui est certain, c'est qu'il faudra un bon pour aller dans les centres de vaccination. Pour permettre le traçage du vaccin, et pour réguler son administration. Quel est le calendrier ? Le vaccin GSK et le vaccin NOVARTIS devraient obtenir leur AMM (autorisation de mise sur le marché) auprès de l'Agence européenne du médicament au cours de la première quinzaine d'octobre. Le ministère de la Santé prévoit de pouvoir utiliser 5 millions de doses en octobre, pour les populations les plus prioritaires (d'abord les professionnels de santé, puis les personnes les plus vulnérables). Précaution importante : il faut un délai de 3 semaines entre la vaccination contre la grippe saisonnière et la vaccination contre la grippe A. Dans ces conditions, ou bien il faut aller vite se faire vacciner contre la grippe saisonnière, ou bien il vaut mieux reporter celle-ci afin de pouvoir bénéficier le plus rapidement possible de la vaccination contre la grippe A. Cela étant, il n'est pas exclu qu'on connaisse un pic épidémique avant la fin du mois d'octobre. Selon le ministère de la Santé, la vaccination reste indiquée, dans la mesure où il est probable que l'épidémie connaîtra plusieurs pics, et que le virus devrait circuler plusieurs années. Docteur Michel Ohayon Coordinateur médical à Sida Info Service Prévention au quotidien : Se moucher ou éternuer dans un mouchoir jetable, se laver les mains régulièrement et/ou utiliser un gel hydroalcoolique, en n'oubliant pas de laver entre les doigts et de se laver les ongles contre la paume des mains. Porter un masque adapté si l'on est atteint pour ne pas propager le virus, ou porter un masque si l'on est dans l'entourage d'une personne malade. Consulter rapidement en cas de signes évocateurs (fièvre élevée, courbatures, signes respiratoires...) *Recommandations de prise en charge des personnes infectées par le VIH |
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