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Les résultats de 2 essais de vaccinothérapie chez des patients séropositifs pour le VIH, menés par l'Agence nationale de recherches sur le sida (ANRS), ont été présentés à la 10e conférence américaine sur les rétrovirus et les infections opportunistes, tenue à Boston du 10 au 14 février 2003. L'administration de vaccins à des patients séropositifs ayant une réplication virale contrôlée vise à induire ou amplifier les réponses immunitaires spécifiquement dirigées contre le VIH. En effet, on sait que cette réponse est déterminante dans le contrôle de la réplication du VIH. L'objectif de ces recherches est donc d'évaluer la capacité de vaccins, d'une part à induire ces réponses immunes, d'autre part à permettre le contrôle de la réplication virale en situation d'interruption thérapeutique. Les 70 patients inclus dans l'essai randomisé ANRS 093 (Vacc-il2) étaient sous multithérapie antirétrovirale depuis au moins 12 mois, avec une charge virale inférieure à 50 copies/ml et des CD4 supérieurs à 350/mm3 depuis plus de 6 mois. Ils poursuivaient tous ce traitement sans modification, et 33 ont de plus reçu 4 injections vaccinales à 4 semaines d'intervalle. Deux types de préparation vaccinale ont été essayés : ALVAC-VIH vCP1433, réalisée à partir du virus de la vaccine du canari (canarypox) recombiné avec des gènes codant pour différentes régions du VIH, et LIPO-6T, préparation de lipopeptides contenant des fragments antigéniques du VIH. Après 9 mois, 91 % de l'ensemble des patients dont la charge virale était restée inférieure à 50 copies/ml ont arrêté leur multithérapie antirétrovirale. Après 3 mois d'interruption, 8 des patients vaccinés (24 %) et 2 des patients du groupe contrôle (5 %) étaient toujours sans traitement (différence significative, p = 0,027). Le rebond virologique observé chez 60 patients, et ayant nécessité une reprise du traitement, est survenu plus tardivement chez les sujets vaccinés que chez les non vaccinés (différence significative, p = 0,02). Une réponse immunitaire dirigée contre au moins un antigène du VIH a été détectée à l'issue de la période de vaccination chez 57,5 % des patients vaccinés par rapport à 25 % des patients contrôles (p = 0,006). En outre, c'est chez les patients avec les plus fortes réponses immunitaires que le contrôle virologique a été le plus efficace et le délai d'interruption du traitement antirétroviral le plus long.
Dans l'essai Vacciter ANRS 094, 49 patients séropositifs pour le VIH, bien contrôlés sous multithérapie antirétrovirale, avec une charge virale indétectable et des CD4 supérieurs à 400/mm3 depuis au moins un an, ont reçu le vaccin ALVAC-VIH vCP1433 (4 injections à un mois d'intervalle). Le traitement antirétroviral était interrompu un mois après la dernière injection. Une réponse immunitaire spécifique dirigée contre le VIH a été obtenue chez 61 % des patients, tant quantitative que qualitative (élargissement du répertoire des cellules CD8 cytotoxiques, c'est-à-dire diversification de la réponse immunitaire plus grande que la réponse naturelle). Dix patients étaient toujours sans traitement, avec une charge virale inférieure à 10 000 copies, après un délai moyen d'interruption de 44 semaines. Pour les autres, la reprise des antirétroviraux (en cas de remontée de la charge virale à plus de 50 000 copies pendant les 8 premières semaines, puis plus de 10 000 copies après 8 semaines, ou de baisse des CD4) est intervenue avec un délai médian de 6,6 semaines. Le délai avant la reprise a été de 9,7 semaines chez les patients ayant eu une réponse immunitaire au moment de l'arrêt des antirétroviraux, et de 6,3 semaines en l'absence de réponse (différence statistiquement significative : p = 0,02), suggérant un délai plus lent de la réplication virale chez ceux qui ont développé une réponse immunitaire anti- VIH. La vaccinothérapie est donc capable d'induire une réponse immunitaire spécifique chez des personnes infectées par le VIH, qui tend à induire un meilleur contrôle de la réplication du virus. Des résultats prometteurs : la vaccinothérapie pourrait en effet permettre de réduire l'exposition des personnes infectées aux traitements antirétroviraux, en autorisant des interruptions thérapeutiques à moindre risque de rebond de la réplication virale.
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