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Lipodystrophie

La lipodystrophie dans l'infection à vih

Posté le Samedi 17 Juillet 2004

Les premiers traitements anti-VIH (virus de l'immunodéficience acquise) sont apparus en 1986 (appelés analogues nucléosidiques de la reverse transcriptase, ils empêchent le virus de pénétrer dans le noyau de la cellule).

Depuis 1996, de nouveaux médicaments contre le VIH, ont été commercialisés. Il s'agit des inhibiteurs de la protéase, qui empêchent la production par une cellule infectée de nouveaux virus infectants. L'effet positif sur la mortalité a été vite constaté. Ces médicaments sont prescrits sous forme d'une association comprenant 2, 3 voire 4 autres médicaments (trithérapie, quadrithérapie, etc.). Ils ne permettent pas d'éliminer totalement le virus mais ils prolongent l'espérance de vie...

On ne connaît pas encore bien les causes de la lipodystrophie. Ce problème semble plus fréquent chez les personnes prenant un traitement anti-VIH, sans qu'on sache précisément quels sont les médicaments responsables.

Quels sont les signes ?

Depuis 1998, des cas de redistribution des graisses parfois associés à une élévation des triglycérides et du cholestérol ont été observés le plus souvent chez des patients infectés par le VIH et traités par HAART (traitements antirétroviraux hautement actifs). Ce tableau est appelé lipodystrophie.

La lipodystrophie peut se manifester par l'un des signes suivants :
- Une augmentation de la quantité de graisse abdominale (augmentation du tour de taille) ;
- Une perte de graisse, au niveau du visage, des membres et des fesses. Le visage et les membres sont amaigris et les veines paraissent saillantes ;
- Parfois, on observe chez l'homme une augmentation de la graisse au niveau de la nuque, donnant un aspect de "bosse de bison". Chez les femmes, il peut y avoir une augmentation du volume de la poitrine.

Le poids peut baisser, mais le plus souvent, seule la répartition des graisses change.

En plus de la redistribution des graisses, il peut exister dans certains cas des perturbations des taux de graisses dans le sang (triglycérides, cholestérol). Parfois, le taux de sucre (glucose) peut lui aussi être perturbé, pouvant évoluer vers une intolérance au sucre, voire un diabète.

Ces trois tableaux peuvent se présenter ensemble pour un même patient ou isolément, c'est-à-dire avec seulement une redistribution des graisses ou une intolérance aux glucoses (c'est-à-dire, l'état qui précède le diabète) ou une élévation du cholestérol et/ou des triglycérides.

Quels sont les risques de la lipodystrophie ?

A ce jour, pour les personnes ayant seulement une modification de l'aspect corporel, il n'existe pas d'études ayant évalué ces risques. Des études sont en cours pour essayer d'en déterminer les causes. Pour les personnes ayant une élévation du cholestérol, des triglycérides, une intolérance au glucose, seules ou associées à la redistribution des graisses, ces risques sont :
- L'apparition d'une athérosclérose liée à la présence de dépôts lipidiques sur les artères, qui pourrait progresser plus rapidement que d'habitude.
- Le risque d'accidents cardiovasculaires dûs à l'athérosclérose (infarctus du myocarde, accident vasculaire cérébral) à long terme, liés notamment à une augmentation du cholestérol total (avec diminution du "bon cholestérol", qui joue un effet protecteur, et augmentation du "mauvais" cholestérol).
- Le risque d'atteintes du pancréas (pancréatite) lié à l'excès de triglycérides ;
- Le développement d'intolérance au glucose, ou d'un diabète qui peut menacer les vaisseaux (notamment ceux du cœur et du cerveau), les yeux et les reins.

Le délai d'apparition de ces complications est variable : en effet, parmi ces anomalies, l'augmentation des triglycérides apparaît généralement en premier et peut être associée à une résistance à l'insuline évoluant dans 10 % des cas seulement vers un véritable diabète.

Pour diminuer le risque de complications cardiovasculaires, votre médecin vous recommandera de suivre un régime pour réduire votre taux de cholestérol et/ou de triglycérides. Il pourra être amené à vous prescrire un traitement médicamenteux. Cependant, il existe des interactions médicamenteuses entre certains de ces produits et votre traitement antirétroviral.

Enfin, quelle qu'en soit la raison, ne modifiez pas vous-même votre traitement, mais parlez-en avec votre médecin. Des adaptations sont quelquefois possibles.

Ce qu'il faut faire :

Le mieux est de suivre les conseils d'hygiène de vie (sport, arrêt du tabac) et de diététique (limiter sans supprimer les graisses animales, limiter les sucres rapides et l'alcool).

Actualités Innovation Médecine 1999, n° 60 : 51-4

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