Cet espace sécurisé est réservé aux professionnels de la santé, adhérents aux réseau Santé Addiction Sud.
Il vous permettra de connaître le calendrier des réunions de travail et toutes informations relatives au fonctionnement du réseau.

Même dans un pays comme la France, l'infection à VIH et le sida
restent un problème majeur plus de 20 ans après la découverte
du virus : en 2004, environ 7 000 personnes ont découvert leur
séropositivité et 1 500 ont développé un sida. Certaines populations
sont plus particulièrement touchées comme les homosexuels
ou les personnes originaires d'Afrique sub-saharienne
contaminées par rapports hétérosexuels. Il existe également
des disparités géographiques importantes, l'Ile de France et les
départements français d'Amérique (DFA) étant nettement plus
touchés que les autres régions françaises
parmi les personnes qui ont découvert leur séropositivité
en 2004, près d'une sur quatre a été contaminée par des
rapports homosexuels et que cette proportion a augmenté entre
2003 et 2004. C'est dire que malgré les campagnes de prévention,
les homosexuels continuent de prendre des risques comme
le confirment également les résultats de l'Enquête Presse Gay
réalisée en 2004 (A. Velter et coll.). Pour la première fois, cette
enquête a exploré l'utilisation d'internet pour les rencontres
entre gays et montre que les internautes déclarent une plus
grande prise de risque que les autres répondants.
Un autre résultat marquant de la surveillance nationale de
l'infection à VIH-sida est le fait qu'une séropositivité sur trois
concerne une personne d'Afrique subsaharienne, les femmes
représentant la grande majorité des cas. Certes, les consultations
de dépistage anonyme et gratuit (CDAG) accueillent de
plus en plus de populations migrantes (S. Le Vu et coll.) ce qui
est encourageant mais nous devons nous inquiéter qu'un
nombre encore trop important d'Africains contaminés par
rapports hétérosexuels découvrent leur séropositivité au moment
du sida.
Les DFA occupent une position bien particulière dans la région
caraïbe. Moins développés et disposant de moins de moyens
que la France hexagonale, ils constituent, dans la région, un pôle
d'attraction pour leurs voisins dont le niveau de développement,
notamment sanitaire, est beaucoup plus bas. La Guyane
et Saint Martin sont particulièrement confrontés aux problèmes
de migrations. Les délais de mise à disposition des nouveaux
antirétroviraux favorisés par l'éloignement avec la métropole,
les difficultés à réaliser parfois des examens de suivi du VIH,
l'impossibilité de participer à des essais cliniques de phase II/III
sont autant d'obstacles pour une prise en charge optimale de
l'infection à VIH. Ces obstacles viennent s'ajouter aux difficultés
rencontrées par les migrants en termes de précarité, d'exclusion,
de barrières linguistiques et culturelles, qui constituent
aussi des freins importants.
A n'en pas douter la prévention, le dépistage et l'accès aux
soins restent les maîtres mots au vu des articles de ce BEH.
Sûrement aussi, comme le rappellent très justement les études
présentées, certaines particularités géographiques mériteraient
une meilleure prise en compte, notamment pour ce qui a trait
aux problèmes des migrants tant en métropole que dans les
DFA. En n'excluant pas la vigilance pour tous.
Département des maladies infectieuses, Institut de veille sanitaire
BEH 29 novembre 2005