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L'épidémie de VIH varie considérablement d'une région du monde à l'autre et au sein d'une même région. La transmission sexuelle continue d'être le mode de transmission principal, mais en Europe de l'Est et en Asie, la propagation de l'épidémie est due principalement à l'utilisation de drogues injectables alors qu'en Amérique du Nord et en Europe occidentale, elle est principalement liée aux hommes ayant des rapports homosexuels (MSM). L'Afrique australe continue de présenter un taux disproportionné d'infections au VIH chez les filles et les jeunes femmes, qui sont les plus touchées par l'épidémie. La prévalence du VIH chez les femmes enceintes dépasse 40% dans cette région.
L'amélioration de l'accès au traitement a créé de nouvelles possibilités de prévention du VIH. La connaissance du statut sérologique est de plus en plus perçue comme une phase importante aussi bien pour la prévention que pour les soins. Bien que tous conviennent de la nécessité d'augmenter et d'améliorer l'accès au dépistage du VIH, la manière d'atteindre cet objectif ne fait pas l'unanimité. Il faut surmonter la polarisation entre les discours centrés sur les droits de l'homme et ceux centrés sur la santé publique. Le débat doit prendre en compte ce qui apparaît comme la meilleure façon de promouvoir le dépistage du VIH par les fournisseurs de soins de santé, tout en s'assurant que la décision de se faire tester est volontaire et que l'individu est correctement informé. Il est essentiel de résoudre les problèmes liés aux tests de dépistage avec possibilité d'exclusion, en favorisant l'accès aux antirétroviraux, la confidentialité et l'absence de préjugés. Les activistes des droits de l'homme soutiennent que les différents modèles doivent s'adapter à des circonstances spécifiques étant donné que le dépistage avec possibilité d'exclusion implique comme condition préalable un accès inconditionnel aux traitements antirétroviraux. L'élargissement du dépistage du VIH est essentiel pour permettre à ceux qui en ont besoin d'avoir accès aux traitements antirétroviraux et tous les modèles doivent continuer à être utilisés à condition qu'ils respectent la dignité humaine.
Il a été prouvé que la prévention est efficace. Les efforts pour optimiser les stratégies de prévention se poursuivent à bon rythme. Chez les MSM, les interventions en ligne à l'aide d'une croisière gay virtuelle et d'outils d'apprentissage par Internet, ainsi que les interventions des pairs avec des leaders d'opinion connus, ont démontré qu'elles entraînaient une augmentation des pratiques sexuelles sans risque. Une stratégie intégrée de réduction de la pauvreté en Afrique avec un programme de microcrédits a permis de diminuer le niveau de violence conjugale chezles femmes disposant de ressources économiques. Au Brésil, des changements législatifs affectant les stratégies de réduction des risques ont conduit à une réduction des infections au VIH chez les utilisateurs de drogues injectables. Au Botswana, la mobilisation communautaire a entraîné une augmentation du nombre de dépistages du VIH, notamment avec le dépistage des partenaires. Des données préliminaires provenant du Rwanda indiquent qu'il est possible que les traitements antirétroviraux diminuent la transmission du VIH au sein des couples ayant un statut sérologique différent. Il convient de mettre l'accent sur la nécessité d'élargir les stratégies de prévention connues, et ce, dans un effort permanent de les améliorer.
LE XVI CONGRÈS INTERNATIONAL SUR LE SIDA SE TERMINE PAR UN
APPEL LANCÉ AFIN DE PASSER AUX ACTES AU CHAPITRE DE
L'ACCÈS UNIVERSEL AUX STRATÉGIES DE PRÉVENTION AINSI
QU'AUX SOINS ET TRAITEMENTS ÉPROUVÉS
« On ne saurait qualifier ce Congrès de succès sans que nous réalisions collectivement notre thème Passons aux actes » a affirmé le Dr Mark Wainberg, coprésident du Congrès, président de
Local Host Board et directeur du Centre sur le sida de l'université McGill. « En effet, nous aurons échoué si nous ne réussissons pas à accroître rapidement et de façon spectaculaire — de plusieurs millions en fait — le nombre de personnes à l'échelle de la planète qui bénéficient d'un accès aux médicaments antirétroviraux et, du même souffle, à mettre à l'échelle la prévention.
On ne peut parler de progrès alors que plus de personnes s'infectent au VIH chaque année qu'il y en a qui ont accès au traitement. »
Selon le Programme commun des Nations unies sur le VIH/SIDA (ONUSIDA), il y avait à la fin de 2005 un nombre estimé à 39 millions de personnes de par le monde qui vivaient avec le
VIH/SIDA, dont une vaste majorité dans des pays en développement. L'année dernière,4,1 millions de personnes ont été infectées par le virus, et 2,8 millions sont mortes de maladies
liées au sida. Sur les 6,8 millions de personnes qui vivent avec le VIH dans les pays à revenu de niveau faible à moyen et qui ont besoin de médicaments antirétroviraux (parce que le niveau de
détérioration de leurs systèmes immunitaires nécessite d'entreprendre un traitement) seulement 24 % (1,6 million au total) y ont accès. L'écart dans l'accès au traitement est encore plus grand
chez les enfants de moins de quinze ans. Une proportion de 8 à 13 % à peine sur les 800 000 enfants qui nécessitent un traitement du VIH y a accès. Moins de une sur cinq — entre 4 et 16 % — des personnes à haut risque d'infection ont accès à une prévention efficace.