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Après les données publiées à partir de la Cohorte Eurosida et en attendant celles issues de l'Enquête Mortalité 2005 en France, l'équipe américaine, qui avait la première montré en 1998 l'impact des antirétroviraux sur le déclin de la mortalité chez les patients infectés par le VIH, publie des données comparatives concernant l'évolution de la mortalité dans cette population entre 1996 et 2004. Ainsi, 6945 patients ont été suivis pour une durée médiane de 39 mois. Le taux de mortalité a significativement diminué de 7/100 patients-année en 1996 à 1.3/patients-année en 2004. Les décès liés à un sida ont eux aussi baissé de 3.79 patients-année à 0.32 patient-année sur la même période. Il y a eu une augmentation concomitante de la part des décès dus à des causes non liées au sida (augmentation de 13.1 à 42.5% du nombre total de décès), parmi lesquelles les causes hépatiques, cardiovasculaires, pulmonaires et néoplasiques non liées au sida sont les plus fréquentes. Le taux moyen de lymphocytes CD4+ au moment du décès était plus élevé en 2004 qu'en 1996 (287 versus 59, p<0.001). Enfin, les patients décédés de causes non liées au sida ont été traités plus longtemps (plus de 4 ans, p<0.0001) et ont commencé une trithérapie à un niveau d'immunodépression moins bas (22.4% avec un taux de CD4 supérieur à 350/mm3, versus 7.8%, p<0.001) que les patients décédés du sida. Ces données corroborent celles issues de la cohorte Eurosida et témoignent de l'évolution de l'infection à VIH devenue typiquement celle d'une maladie chronique à retentissement général.
Palella FJ Jr, Baker RK, Moorman AC, Chmiel JS, Wood KC, Brooks JT, Holmberg SD; HIV Outpatient Study Investigators. J Acquir Immune Defic Syndr. 2006 Sep;43(1):27-34.
Dr Karine Lacombe