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Résumé de la présentation
Le jeu pathologique représente le prototype de l’addiction comportementale, à bien des niveaux. On retrouve en particulier les deux symptômes-clés, au cœur de l’addiction selon le modèle présenté par Goodman en 1990 : la perte de contrôle sur la pratique des jeux de hasard et d’argent (JHA), et la poursuite du comportement en dépit des dommages multiples. Pour résumer, le joueur pathologique est celui qui joue trop : trop souvent, trop longtemps, trop d’argent.
Le jeu pathologique n’est reconnu comme une entité nosographique à part entière par les experts du manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux que depuis sa 3ème édition, en 1980. Il est encore actuellement rattaché aux « Troubles du contrôle des impulsions, non classés ailleurs », mais l’évolution progressive de son concept amènera à son glissement dans la catégorie des « Addictions et troubles liés » dans la 5ème version en 2013. Les parentés avec les addictions les plus classiques, c’est à dire aux substances psychoactives, sont en effet nombreuses, en termes cliniques, psychopathologiques, neurobiologiques ou encore génétiques. Les facteurs de risque de devenir un joueur pathologique et de le demeurer peuvent être envisagés selon le modèle trivarié, biopsychosocial, proposé par C . Olivenstein au début des années 1970, résultant d’une interaction entre facteurs de risque liés à l’individu, au contexte socio-culturel et à l’objet de l’addiction, en l’occurrence ici la pratique des JHA.
Un autre modèle a été conceptualisé par Blaszczynski et Nower (2002). Il décrit les mêmes facteurs de risque, mais postule que les troubles liés à la pratique des JHA sont hétérogènes, quand le précédent modèle en assume une certaine homogénéité. Il s’agit d’un modèle intégrant les différents modèles théoriques du jeu pathologique. A partir d’une évaluation multiaxiale, les auteurs différencient ainsi trois sous-types de joueurs. Le premier type de joueurs est appelé joueurs au « comportement conditionné », le deuxième type concerne les sujets vulnérables sur le plan émotionnel, enfin les joueurs du dernier type sont appelés « antisociaux impulsifs ».
Selon une perspective biopsychosociale, et à l’instar des autres conduites addictives, il est classique de proposer aux joueurs pathologiques des prises en charge thérapeutiques multifocales. La psychothérapie individuelle est au centre de ce dispositif, s’appuyant sur différents outils ou champs théoriques (entretiens motivationnels, thérapie comportementale et cognitive, thérapie psychanalytique…). Des entretiens de couple, voire une thérapie familiale, peuvent compléter la psychothérapie individuelle. La participation à un groupe de parole peut être un soutien précieux. Les médicaments psychotropes sont encore réservés au traitement des comorbidités psychiatriques ou addictives, aucune molécule n’ayant à ce jour obtenu d’autorisation de mise sur le marché en France, ou ailleurs. Le volet social de la prise en charge peut s’avérer indispensable, compte-tenu des pertes financières souvent considérables. Le bilan des sommes perdues au jeu et des dettes constituées secondairement est une étape cruciale, qui participent à la prise de conscience des dommages de la conduite. Il peut aboutir au dépôt d’un dossier de surendettement à la Banque de France. L’aide à la gestion des biens peut passer par la proposition de mesures de curatelle. Enfin, certains joueurs décideront de se faire interdire l’entrée des casinos et seront pour cela inscrit sur une liste nationale par le Ministère de l’Intérieur.
Selon leur modèle intégratif, Blaszczynski et Nower recommandent des soins différenciés selon la typologie précédemment décrite, avec une intensification progressive.
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