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Londres, le jeudi 17 juin 2004 – Les observateurs internationaux n'ont de cesse de le déplorer depuis quelques années : la consommation de cocaïne a tendance ces dernières années à connaître une importante progression. Le directeur de la Conférence «Crack et cocaïne », le britannique Aidan Gray, explique ainsi que les toxicomanes se tournent aujourd'hui de plus en plus souvent vers la cocaïne plutôt que vers l'héroïne. On estime qu'en Grande-Bretagne, 58 000 personnes avaient fumé du crack entre 2001 et 2002 et 622 000 avaient consommé de la cocaïne pure. De même, aux Etats-Unis quelque 900 000 personnes, dépendantes à la cocaïne, font chaque année une demande de désintoxication.
La dépendance à divers produits psycho stimulants constituant aujourd'hui un véritable problème de santé publique, de très nombreuses firmes travaillent à la mise au point de traitements d'aide au sevrage. Parmi elle, Xenova, petite entreprise de biotechnologie a mis au point un «vaccin » contre la cocaïne. Deux essais menés aux Etats-Unis par l'Université de médecine de Yale ont apporté des résultats concluants. Dans le premier, trois-quarts des neuf patients, de nouveau dépendants après une première tentative de désintoxication, n'ont pas repris de cocaïne pendant les douze semaines qu'a duré l'étude. Dans le second, le vaccin a permis à 58 % d'un échantillon de 13 usagers réguliers de résister à l'appel de la cocaïne pendant la même période. Le produit a été comparé à une version inactive. Plus révélateur encore, parmi les toxicomanes ayant rechuté, une grande majorité (88 % dans la première étude, 63 % dans le seconde) a assuré que l'effet euphorique de la cocaïne avait diminué. Et pour cause, le vaccin a été fabriqué en combinant la cocaïne à une protéine, utilisée pour stimuler le système immunitaire et la production d'anticorps. Président de Xenova, David Oxlade expliquait récemment à la BBC : «Le vaccin bloque le passage de la cocaïne du sang au cerveau, là où se créée la sensation «planante » et par la même l'accoutumance ». Une nouvelle étude plus vaste débute actuellement et concernera jusqu'en 2006 plus de 130 patients. Les responsables de la lutte anti-drogue sont cependant déjà enthousiastes, même s'ils rappellent que le vaccin ne pourra être utilisé seul et qu'il conviendra toujours d'accompagner le traitement des méthodes traditionnelles d'aide au sevrage basées notamment sur le soutien psychologique.
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