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L'incidence de la schizophrénie n'a pas augmenté ces 30 dernières années, alors que la prévalence de l'abus de drogue a grimpé de façon exponentielle dans le monde
Aspects épidémiologiques
Cohorte suédoise (Zammit et al, 2002)
Objectif: montrer une forte corrélation entre exposition au cannabis et risque d'apparition d'un trouble schizophrénique
Cannabis et schizophrénie – Cohorte suédoise
Calcul du risque de survenue de schizophrénie (odds ratios) chez les sujets ayant consommé du cannabis, quelle que soit cette consommation
Critique de l'étude:
Effets des autres substances ?
Personnalité pré morbide ?
Cannabis en tant qu'« automédication » ?
Étude prospective
1 037 sujets nés entre 1972 et 1973
96 % suivis pendant 26 ans
Étude prospective
Aspects épidémiologiques
Autres études
Pour Paes (1986) l'évaluation de 3620 patients présentant des troubles mentaux associés à la consommation de cannabis souligne le rôle du cannabis
Comme révélateur des traits psychotiques
Comme automédication pour diminuer l'angoisse de dépersonnalisation et l'anxiété
Pour Dixon (1999) chez 83 patients schizophrènes: symptômes de moindre intensité et meilleure réponse au traitement pour les consommateurs de Cannabis, mais non consommateurs plus compliants et moins hospitalisés
Même approche pour Linszen (1994) sur 91 patients schizophrènes et Martinez Aravelo et al (1994) qui montrent que la prise de cannabis aggrave l'évolution)
Aspects épidémiologiques
Degenhardt et al (2003)
Effets de l'augmentation de la consommation de cannabis dans une population donnée (Australienne) entre 1940 et 1979 (8 cohortes)
Augmentation de la consommation de cannabis dans la population et diminution de l'âge de début de consommation
Pas d'évidence directe pour augmentation de l'incidence de la schizophrénie sur 30 ans
Âge de début schizophrénie non clair
Plus grande consommation de cannabis chez patients schizophrènes
Éléments en faveur d'un facteur précipitation et d'un facteur aggravation du pronostic (confirmé par Mathers et al 1992)
Aspects épidémiologiques
Henquet et al (2004)
Étude prospective évaluant à J0 et 4 ans plus tard, chez 2437 sujets âgés de 14 à 24 ans l'utilisation de cannabis, l'existence de manifestations de prédisposition à la survenue d'une symptomatologie psychotique et la survenue de symptômes psychotiques.
L'utilisation du cannabis a un effet d'aggravation marqué chez les sujets présentant des manifestations de « prédisposition » : renforcement de la vulnérabilité
Les sujets « prédisposés » ne consomment pas plus de cannabis (pas de rôle « d'automédication » mis en évidence)
Aspects épidémiologiques
Disparité des chiffres
Existence de différences méthodologiques majeures entre les études :
circonstances et modalités de recueil
critères diagnostiques,
caractérisation de la consommation
Difficultés:
Repérer la temporalité
Quand à vraiment commencé la prise de substance (une première prise, abus?, dépendance?)
Quand à vraiment commencé la maladie : délire, troubles cognitifs à minima?
Les intrications sont souvent complexes: comorbidité entre schizophrénie et abus de substances seraient au cours de la vie prés de 50%.
L'abus de substance existerait généralement avant les premiers troubles constitués mais après les premiers signes pré-morbides (Gorwood 2002).
Conséquences cliniques
Plus grande consommation de cannabis chez patients schizophrènes
Consommation de Cannabis modifierait
Âge de début schizophrénie
Moment de « révélation »de la maladie
Les symptômes de la maladie
Le vécu de la maladie ? automédication
La compliance au traitement
Les rechutes
le pronostic
Cannabis et schizophrénie
Lien entre toxicomanie au cannabis et schizophrénie :
Causalité directe entre consommation de cannabis et apparition de schizophrénie ?
La consommation de cannabis favorise l'apparition d'une schizophrénie chez des personnes vulnérables
La consommation de cannabis aggrave le pronostic de la schizophrénie
Les patients schizophrènes sont plus à risque pour devenir des consommateurs de cannabis
Cannabis et schizophrénie
Conférence de consensus portant sur les schizophrénies débutantes (2003) :
« Il ressort des différentes études que parmi les substances psychoactives c'est le cannabis qui est un des facteurs de risque les plus significatifs. C'est aussi le plus étudié en raison du grand nombre de consommateurs.
Il est fortement recommandé :
De ne pas banaliser l'usage du cannabis et de revenir sur la banalisation antérieure
D'informer plus largement le public et les professionnels des risques de psychose induits par le cannabis et les autres substances psychoactives dont la consommation augmente dans la population adolescente
De poursuivre des études en population générale pour affiner l'évaluation du risque induit par le cannabis et les autres drogues dites récréatives »
Prise en charge
Aspect Pharmacologique :
Pas de traitement spécifique
Intérêt de la clozapine : étude rétrospective Clozapine vs rispéridone qui montre une amélioration des capacités à maintenir l'abstinence – cannabis et alcool – dans le premier groupe (Green et al, 2003)
Voie d'avenir : antagoniste des récepteurs cannabinoïdes ? (Copeland, 2004)
Prise en charge
Aspect non-pharmacologique :
Insuffisance dans cette population des interventions motivationnelles brèves (Baker et al, 2001)
Intérêt d'interventions plus structurées (4 sessions) (Carey et al, 2002)
Rôle des stratégies pluridisciplinaires menées par des équipes spécialisées dans le double diagnostic associant interventions motivationnelles, support social...(Copeland, 2004)
Pr.C.Lançon
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